La bonne nouvelle concernant les jeux vidéo violents

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Cher Monsieur le Papa : Mon fils adore les jeux vidéo et passe une tonne de temps à y jouer. Certains sont des jeux de sport, mais d’autres sont des jeux de guerre assez violents. J’ai entendu les mises en garde concernant les jeux violents qui engendrent des comportements violents, et je suis inquiet. Devrais-je l’être ?

 

Je comprends certainement pourquoi vous êtes inquiet.

Chaque fois qu’un nouveau jeu arrive sur les étagères, des sonneries d’alarme commencent à retentir dans tout le pays. On a parfois l’impression que la ville entière est remplie de politiciens ou d’experts qui ont essayé de relier les jeux vidéo à la violence dans le monde réel. C’est un moyen sûr de gagner des points politiques et une réputation de croisade morale. Mais comme pour la plupart des croisades, la réalité est plus complexe. Il est intéressant de noter que l’hystérie à l’égard des nouveaux divertissements est beaucoup plus ancienne qu’on ne le croit. Il y a 2 500 ans, Platon se serait plaint de l’ajout d’un sixième trou à la flûte à cinq trous. Selon lui, la gamme musicale qui en résulterait perturberait les règles de la musique, ce qui amènerait les enfants à ignorer toutes les règles et lois. Il assurait à ses lecteurs et à quiconque voulait l’entendre que le résultat ne serait rien de moins que la destruction de la civilisation occidentale dans son berceau. D’une manière ou d’une autre, la civilisation a survécu à la flûte à six trous, aux romans à dix sous, au nickelodéon, à Elvis, aux films parlants, à la musique heavy metal et à un certain nombre d’autres divertissements, qui étaient tous redoutés comme les destructeurs moraux de leur époque. Il en va de même aujourd’hui pour les jeux vidéo. En réalité, il est assez difficile d’établir un lien solide entre les jeux vidéo et la tendance à la violence dans le monde réel. De nombreuses études sur ce sujet sont profondément erronées. Mais une étude récente menée par Lawrence Kutner et Cheryl Olson, l’équipe mari-femme qui a fondé le Harvard Medical School Center for Mental Health and Media, est bien conçue, convaincante et surtout, rassurante. Kutner et Olson ont étudié 1 300 collégiens amateurs de jeux vidéo. Contrairement à de nombreux autres chercheurs, ils ont étudié les enfants dans leur environnement réel et dans leur contexte familial. Ils ont découvert que le lien entre la violence dans les jeux vidéo et les comportements violents ou antisociaux est exagéré. De plus, ils ont constaté que de nombreux enfants peuvent utiliser les jeux vidéo – même ceux qui comportent un certain degré de violence – pour renforcer certaines compétences sociales, évacuer le stress et se détendre.

 

Conclusion ? 

Il n’y a pas lieu de paniquer. Si vous souhaitez approfondir la question, l’ouvrage de Kutner et Olson, Grand Theft Childhood, est une excellente lecture. D’autres auteurs, dont James Paul Gee et Marc Prensky, font un excellent travail en explorant les nombreux avantages que les enfants retirent des jeux vidéo. Par exemple, il y a quelques années, James Rosser, le médecin responsable de la formation en chirurgie laparoscopique dans un grand hôpital universitaire de New York, a découvert que les médecins qui avaient joué à des jeux vidéo plus tôt dans leur vie faisaient jusqu’à 40 % d’erreurs en moins en chirurgie ! Rosser demande désormais à ses médecins de s’échauffer avant l’opération en jouant à des jeux vidéo pendant une demi-heure. Le véritable problème des jeux vidéo se pose lorsqu’ils commencent à monopoliser le temps d’un enfant. 

 

La solution ? 

Créez et appliquez des règles de jeu dans votre foyer. Maintenez le temps passé devant l’écran dans des limites raisonnables et surveillez davantage les comportements obsessionnels ou antisociaux de votre enfant que ceux des jeux. Si vous n’en voyez aucun, détendez-vous un peu et laissez-le profiter du temps d’arrêt et du plaisir que procure un jeu vidéo raisonnable. Si vous remarquez un comportement inquiétant, ne soyez pas trop prompt à accuser les jeux vidéo. Parlez-en à votre pédiatre ou à votre conseiller scolaire pour voir quels autres problèmes pourraient être en jeu.